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La Fed devrait maintenir ses taux à 3,50%-3,75% jusqu'à la fin de l'année
information fournie par Reuters 10/06/2026 à 08:00

Le siège de la Fed. (crédit : Fed)

Le siège de la Fed. (crédit : Fed)

par Indradip Ghosh

La Réserve fédérale américaine (Fed) maintiendra l'objectif des taux des fonds fédéraux inchangé jusqu'à la fin de 2026, prédisent une grande majorité d'économistes interrogés, premier consensus net sur le sujet depuis le début de l'année, alors que l'inflation alimentée par la guerre au Moyen-Orient s'avère plus tenace que prévu.

Les contrats à terme sur taux d'intérêt anticipent même au moins une hausse des coûts d'emprunt d'ici la fin de l'année.

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Les créations d'emplois plus importantes que prévu en mai aux Etats-Unis, ressorties dans le rapport mensuel officiel en la matière publié vendredi dernier, ont contribué à mettre fin au débat sur d'éventuelles baisses du loyer de l'argent.

L'inflation aux Etats-Unis représente désormais environ le double de l'objectif à moyen terme de la Fed, fixé à 2,0%, avec peu d'espoir d'une décélération rapide après plus de cinq ans de fortes pressions, même si l'activité économique dans le pays reste stable.

Certains membres du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed, ont déjà évoqué la possibilité d'une hausse des taux dans le courant de l'année.

UN TEST POUR LE NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA FED

Dans la nouvelle enquête Reuters, menée du 4 au 9 juin, près de 70% des économistes interrogés, soit 72 sur 102, prévoient que l'objectif des taux des fonds fédéraux restera dans sa fourchette actuelle de 3,50% à 3,75% pour le reste de l'année.

Dans l'enquête du mois dernier, ils étaient un peu moins de la moitié et environ un tiers avant cela à prédire un telle évolution.

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Aucun économiste ne s'attend à une baisse des taux à l'issue de la réunion du FOMC des 16 et 17 juin, qui sera la première du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh.

"Il sera très difficile pour la Fed de justifier une quelconque mesure (en ce sens) à ce stade et dans un avenir prévisible. Il sera extrêmement difficile d'obtenir un consensus parmi les responsables de la Fed pour qu'ils adhèrent à l'idée d'une baisse des taux", estime Tom Porcelli, chef économiste chez Wells Fargo.

"La seule façon d'y parvenir serait de trouver une issue au conflit avec l'Iran dans l'immédiat (...) Rien ne laisse penser que c'est la direction que nous prenons", a-t-il ajouté.

La nouvelle enquête suggère que Kevin Warsh, nommé par le président Donald Trump et sous pression pour réduire les taux, aura du mal à rallier des soutiens en faveur de baisses des coûts d'emprunt. De nombreux économistes s'attendent à ce que la Fed abandonne son orientation accommodante dans sa déclaration de politique monétaire prévue ce mois.

La plupart des prévisionnistes ont repoussé leurs anticipations de baisse des taux à l'année prochaine, voire les ont complètement abandonnées. Seule une poignée d'entre eux envisagent une hausse comme prochaine décision.

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Certains s'attendent également à ce que les prévisions trimestrielles actualisées de la Fed, présentées sous forme de "dot plot", indiquent des taux stables cette année, quelques-uns évoquant même des hausses, ce qui constituerait un revirement par rapport aux perspectives fournies en mars, où une baisse était prévue.

"Le risque est davantage celui d'une inflation plus persistante, d'une réduction du nombre de baisses et éventuellement des hausses, plutôt que d'une résolution rapide", relève Philip Marey, stratège pour les Etats-Unis chez Rabobank. "Un scénario plus optimiste vient de s'envoler."

UNE INFLATION TRANSITOIRE ?

L'inflation des prix à la consommation (CPI) a probablement atteint le mois dernier son plus haut niveau depuis plus de trois ans, à 4,2%, tandis que l'inflation sous-jacente a grimpé à 2,9%, selon une enquête Reuters distincte. Les données sur le CPI seront publiées ce mercredi.

L'indicateur d'inflation privilégié par la Fed, l'indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE), a atteint 3,8% en rythme annuel en avril, son plus haut niveau depuis mai 2023. Il devrait s'établir en moyenne à 3,9%, 3,8% et 3,6% respectivement au cours des deuxième, troisième et quatrième trimestres.

Le mois dernier, la plupart des économistes ont estimé que les pressions inflationnistes actuelles, largement alimentées par les chocs énergétiques en lien avec la guerre au Moyen-Orient, étaient probablement transitoires.

En 2022, les banques centrales avaient également privilégié ce scénario à la suite de la flambée des prix, en partie déclenchée par l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie. Mais cette hypothèse s'était avérée fausse, l'inflation se montrant tenace au point d'imposer la mise en place d'un des cycles de resserrement monétaire les plus agressifs de ces dernières décennies.

"Les chocs d'offre devraient être ponctuels et transitoires. Mais si nous commençons à les subir de manière répétée, cela pourrait faire évoluer les anticipations d'inflation d'une manière à laquelle nous ne nous attendrions pas en temps normal", a déclaré Eli Nir, économiste chez TD Securities.

"Ils craignent que les chocs d'offre ne se transforment en chocs plus persistants, car ils se sont trompés sur ce point en 2022. Nous nous sommes tous trompés à ce moment-là", a-t-il rappelé.

Concernant, les prévisions de croissance et de chômage, elles sont restées globalement inchangées dans la nouvelle enquête Reuters. Le taux de chômage devrait se maintenir ainsi autour de 4,3% ou légèrement au-dessus, tandis que la croissance économique devrait s'établir en moyenne à environ 2% au cours des prochaines années.

(Rédigé par Indradip Ghosh; enquête de Nushaiba Iqbal; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)

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